Le Ministre wallon du Territoire, François Desquesnes, a approuvé l'arrêté adoptant un périmètre de reconnaissance économique et d'expropriation nécessaire à l'extension du parc d'activités économiques de Mariembourg (Couvin). Ce projet, porté par le BEP, fait suite à la révision du plan de secteur définitivement adoptée par le précédent Gouvernement wallon le 23 mai 2024, après l'enquête publique de 2022. Il a depuis été profondément revu et limité afin de répondre aux objectifs de sobriété foncière, de soutien à l'emploi local et de réduction des impacts sur l'agriculture et l'environnement. L'extension initiale prévue pour 37 hectares sera limitée à près de 28 hectares et permettra d'accueillir 34 nouvelles entreprises correspondant à un volume d’emploi estimé entre 225 et 237 travailleurs.
Un projet économique adapté aux besoins du territoire
Le Sud de la province de Namur fait face à une importante demande en terrains destinés aux entreprises. Aujourd'hui, les parcs d'activités de l'arrondissement de Philippeville affichent un taux d'occupation compris entre 78,9 % et 86,6 %, alors qu'aucune friche n'est mobilisable à court terme pour répondre aux besoins des PME, PMI et TPE souhaitant poursuivre leur développement sur le territoire.
L'extension du parc d'activités économiques de Mariembourg limitée à 28 hectares vise à offrir de nouvelles possibilités d'implantation aux entreprises locales, à soutenir l'activité économique et à favoriser la création d'emplois dans une région où le taux de chômage est élevé. Pour accompagner ce développement, le Gouvernement wallon mobilisera, dans le cadre du programme SOWAFINAL 3, un montant maximal de 5,35 millions d'euros destiné à financer la viabilisation du site. Ce soutien permettra de réaliser les infrastructures indispensables à l'accueil des entreprises dans des conditions modernes, durables et adaptées aux besoins du territoire.
« Notre responsabilité et d’offrir des perspectives de développement aux entreprises créatrices d’emploi, tout en veillant à préserver nos ressources et en limitant les impacts sur les riverains et agriculteurs. Ce projet a été sensiblement amélioré afin de permettre cet équilibre. » souligne François Desquesnes.
Un projet revu et limité pour optimiser l’utilisation du sol
Alors que la révision du plan de secteur validée en mai 2024 par le précédent Gouvernement prévoyait 37 hectares de nouvelle zone économique, le projet porté par le BEP a été revu et limité de manière à s’inscrire en cohérence avec la nouvelle Stratégie régionale ZAE 2050 portée par le Ministre du Territoire et de répondre aux objectifs de réduction de l’artificialisation des sols et préserver les zones agricoles et naturelles.
Outre la surface du projet, réduite de 9 hectares, les principales améliorations portent notamment sur :
- Un coefficient d’occupation du sol porté à au moins 80%, (sauf dérogation) ;
- Des parcelles redimensionnées entre 20 et 30 ares dans un but de favoriser une utilisation plus rationnelle du foncier ;
- L’incitation à la construction mitoyenne et au développement de bâtiments plus compacts et plus élevés ;
- L’optimisation des voiries et des accotements afin de limiter les emprises au sol.
Ces adaptations permettent de soutenir un développement de l’activité économique plus responsable en diminuant la consommation d’espace. L’objectif est de densifier davantage l’activité économique pour une utilisation rationnelle du foncier.
Une meilleure prise en compte de l’activité agricole
Face aux inquiétudes exprimées par le monde agricole, le projet initial a été réduit de 25%.
La suppression de la troisième phase d’extension, dont les besoins ne sont pas avérés, permettra de préserver près de 9 hectares de terres agricoles.
Par ailleurs, les aménagements seront réalisés de manière progressive. Les terrains agricoles concernés par l’extension du parc d’activités économiques continueront d’être exploités aussi longtemps qu’ils ne seront pas nécessaires à l’accueil des entreprises. Cette période est estimée à environ 10 ans.
Des garanties renforcées pour l’environnement
Le projet intègre également des aménagements destinés à améliorer la gestion des eaux de ruissellement en réponse aux inondations de 2021 et de la nature argileuse des sols.
Des noues et des fossés drainants devront être aménagés afin de ralentir et de canaliser les eaux pluviales. Ces dispositifs ont été validés par une étude hydraulique ainsi que par le Service public de Wallonie (SPW).
L’obligation de créer des espaces verts en bordure de site pour renforcer son intégration paysagère est également exigée.
Une accessibilité améliorée
L’extension du parc bénéficiera également des investissements indispensables de la SOFICO sur la N5 afin d’améliorer la mobilité autour du site.
Le projet comprend notamment :
- La suppression de l’échangeur actuel ;
- La création d’un nouveau demi-échangeur permettant un accès plus sécurisé au parc ;
- La réalisation d’une passerelle cyclo-piétonne reliant le centre de Mariembourg au parc d’activités dans le prolongement du RAVeL afin d’assurer un liaisonnement piéton et vélos permettant de franchir la N5 en toute sécurité.
Ces aménagements sont intégrés au projet de réhabilitation de la N5 entre Samart et Frasnes en cours de préparation.
La première phase d’équipement du parc est, quant à elle, programmée par le BEP entre 2027 et 2028.
Pour François Desquesnes : « Développer l’activité économique doit désormais s’intégrer dans une réflexion globale d’utilisation plus rationnelle de la ressource sol. Nous avons exigé que ce projet soit repensé afin de mieux utiliser chaque mètre carré, de renforcer la densité et ainsi limiter l’impact du projet sur les terres agricoles concernées et d’en limiter l’impact. »
Cette décision traduit l'ambition du Gouvernement wallon de mener une politique de développement économique qui allie responsabilité, sobriété foncière, création d'emplois et respect du cadre de vie et de la biodiversité.