Projet de champ photovoltaïque à La Roche-en-Ardenne: le permis est refusé

François Desquesnes, Ministre wallon du Territoire, a décidé de refuser le permis unique visant la construction et l’exploitation d’un champ photovoltaïque de grande envergure à La Roche-en-Ardenne. Présenté comme "agroécologique", ce projet, non porté par un agriculteur, prévoyait l’installation de plus de 82.000 panneaux solaires sur près de 40 hectares de terres agricoles. Saisi sur recours et après une instruction complète et contradictoire, le Ministre a décidé de refuser l’octroi du permis.

Une évaluation complète du projet et de ses impacts

Même si le projet était présenté comme associant production d’électricité solaire et pâturage de moutons sous les panneaux, plusieurs éléments ont conduit à son refus :

  • Des terres agricoles de qualité : les parcelles sont actuellement cultivées et présentent un bon potentiel agronomique ; leur protection reste une priorité.
  • Un projet peu innovant : l’aspect "pilote" du projet n’est pas démontré : il reprend des techniques déjà largement connues.
  • Un montage foncier peu vertueux : le projet n’est pas porté par un agriculteur alors qu’il se déploie en zone agricole. De plus, il prévoit d’écarter l’exploitant agricole actuellement en place au profit de nouveaux exploitants choisis par le porteur de projet qui ne sont pas agriculteurs. Ce type de configuration soulève des questions de légitimité et de continuité agricoles. Les projets agrivoltaïques ne peuvent s’envisager qu’en complément et diversification d’une activité agricole déjà existante et non pas être construits au départ d’un projet énergétique habillé d’une activité secondaire d’entretien des parcelles par des animaux d’élevage.

« Un projet de cette ampleur doit répondre à des critères clairs : préservation de la qualité des terres et plus-value agricole : ici, ces conditions ne sont pas réunies »,précise François Desquesnes. « Je suis favorable aux projets agrivoltaïques, à la condition qu’ils soient portés par des agriculteurs installés localement, qu’ils respectent les paysages, et préservent la fonction première de la zone agricole. Ce n’est pas le cas ici. »

 

Une décision fondée sur la cohérence politique et le bon sens agricole

Le refus de ce permis s’inscrit également dans la logique de la circulaire du 14 mars 2024, qui encadre l’analyse de ce type de projets sur des terres agricoles. Il s’agit d’éviter toute approche spéculative du foncier agricole et de garantir que les terres agricoles restent d’abord au service de l’agriculture.

La Wallonie reste engagée dans une transition énergétique ambitieuse, mais équilibrée. Des projets agrivoltaïques cohérents et bien intégrés peuvent voir le jour, à condition qu’ils s’inscrivent dans une logique de durabilité agricole. Cette décision illustre la volonté du Ministre de construire une transition énergétique fondée sur un aménagement du territoire équilibré, efficace et respectueux du monde agricole.

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